Luc Brugger
Depuis toujours, on catalogue l'être humain. On le définit selon les idées à la mode du moment.
Il y a quelques centaines d'années, on pensait que les saignées représentaient le sommet de la médecine. Aujourd'hui, on regarde cette époque en se disant : Mais ils étaient complètement fous.
Et nous ?
Nous sommes persuadés que notre vision de l'être humain est enfin la bonne.
Pourtant, dans trois cents ans, je suis prêt à parier que les gens regarderont notre époque avec le même étonnement.
"Ils pensaient vraiment que l'être humain fonctionnait comme ça ?"
Le problème, c'est que nous croyons sans cesse au passé. Nous faisons confiance à ce qui est déjà admis, à ce qui est enseigné, à ce que la majorité pense. Nous donnons notre autorité à ceux qui sont censés en savoir plus que nous sur ce que nous sommes.
Tu vas voir un médecin, un psychologue ou un coach avec une difficulté. Très souvent, il commence par chercher dans quel modèle, dans quelle théorie ou dans quelle catégorie te faire entrer. Il applique un processus censé fonctionner pour tout le monde.
Mais qui es-tu, toi, derrière ce processus ?
Pourquoi ce que tu ressens, ce que tu vis et ce que tu es devrait forcément rentrer dans une case ?
Regarde autour de nous.
Même nos habitations deviennent des cases. Des immeubles, des maisons carrées, fermées, identiques. Comme si nous avions fini par construire à l'extérieur ce que nous faisons déjà à l'intérieur.
Depuis toujours, moi, je vois autre chose.
Je vois beaucoup plus de vie que ce que nous imaginons.
Je vois des êtres humains infiniment plus vastes que les catalogues dans lesquels nous essayons de les enfermer.
C'est peut-être ça qui me passionne depuis toutes ces années.
Retirer, petit à petit, tout ce qui masque cette vie.
Non pas pour devenir quelqu'un d'autre.
Mais pour retrouver ce qui est déjà là.
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